Suite à cette expérience, nous souhaitons partager une ou deux réflexions sur le parcours. Premièrement d’un point de vue transport. Il nous parait évident que le plus simple est de rejoindre Cala Gonone, cela se fait facilement par bus. De là, de nombreux bateaux peuvent vous emmener au départ du Selvaggio Blu (Santa Maria ou Pedra Longa). L’arrivée du trek étant Cala Gonone, vous pouvez envisager d’y laisser par exemple des habits de rechange. Vous trouverez plusieurs services de bateaux sur le port, avec ou sans pilote. Il faut savoir également qu’une ligne régulière relie Cala Luna à Cala Gonone, et que quand il fait beau, on peut trouver des bateaux rentrant sur Cala Gonone sur la plus part des plages entre Cala Goloritze et Cala Luna. Ce sont en général des touristes qui ont loué un bateau à la journée, mais en discutant un peu, on peut embarquer.
Concernant le matériel, il est bien sûr indispensable d’avoir un baudrier, quelques sangles, trois dégaines suffisent, un rappel de 50 mètres. La solution hamac, ne semble pas forcément la meilleure. Les bivouac sont souvent sur les plages ou à des endroits où il est difficile de tendre des hamacs. Un tapis de sol avec un tarp parait être une bonne solution. Prévoyez de bonnes chaussures ! Le terrain est exigent tant pour les chevilles que pour les chaussures elles-même. C’est vraiment accidenté, se faire une cheville là-dedans promet une belle galère...

Même s’il n’y a pas d’escalade encordée à chaque étape, de nombreux passages peuvent paraitre aériens et exposés. Il y a une multitude de petit ressauts rocheux à grimper ou à descendre, de couloirs de terre ravinés et glissants, de troncs de genévrier plus ou moins stables. Le parcours nécessite une réelle concentration de tous les instants. Particulièrement avec un sac lourd sur les épaules. Il est évident que faire le Selvaggio Blu à vide serait bien plus facile...

Concernant l’eau, nous avons opté pour une réserve de 1 litre par jour par personne. Soit un poids de 7 kilos d’eau douce dans le sac. Bon, nous avons eu la chance d’en trouver et on nous en a offert. Du coup 4 litres par personne auraient suffit. Mais on ne peut pas savoir à l’avance ce que l’on va trouver et si nous n’avions eu que 4 litres, la situation aurait était tendue. La plupart des abandons et secours se font à cause de la déshydratation.

L’orientation. Evidemment un GPS pourrait être utile, mais le topo ne propose que 3 points, et nous n’en n’avons pas trouvé d’autres sur internet. Donc nous nous sommes contenté d’une boussole. Et puis c’est un peu plus dans l’esprit... Le marquage est très irrégulier, et le chemin n’est pas toujours marqué par le passage. Soit qu’il évolue sur des rochers, soit que la végétation l’obstrue. Le Selvaggio Blu n’étant pas encore sur-fréquenté, les traces d’usure du rocher ne sont pas facilement visibles. Il faut vraiment être concentré sur l’itinéraire avoir le topo à la main et s’y référer souvent. Ne pas hésiter à revenir en arrière au marquage précédent pour essayer de relire le chemin... Parfois en se retournant, la trace apparait plus évidente. Il y a de nombreux cairns sur l’itinéraire. Ainsi qu’un système local consistant à coincer un cailloux dans un arbuste. Malheureusement les cairns ne marquent pas toujours le Selvaggio Blu. Certains vous amènent à un sommet remarquable, d’autres sur une plage isolée. Il faut donc parfois s’en méfier...

En ce début mai, même si les nuits étaient fraîches, il faisait déjà très chaud au soleil. Il parait peu envisageable de tenter l’aventure en plein été. Mieux vaut éviter le Selvaggio Blu en juillet-août, outre la chaleur, il n’y aurait vraiment pas d’eau potable...

 

Enfin, voici quelques liens utiles:

Le site de Corrado Conca, auteur du seul topo sur le Selvaggio Blu. Son livre existe en Italien et en Anglais, il est paru aux éditions Segnavia. Il est assez difficile à trouver en France, mais vous le trouverez sans problème à Cala Gonone.

La compagnie de transport en commun Sarde, ARST. Vérifiez à deux fois les horaires, ils ne sont pas toujours respectés !

Le seul camping de Cala Gonone. Pratique, il est en face de l’office de tourisme et de l’arrêt de bus ARST, à 2 minutes à pied du port.